Répétition Quart < 1800 - Une rencontre, un défi, une fierté

Achetée lors d’une bourse horlogère, cette montre à répétition quart se distingue par un mouvment en bon état pour son âge. Datée initialement entre 1800 et 1850, elle pourrait finalement être antérieure à 1800 selon plusieurs experts. Dépourvue de boîte d’origine, elle est néanmoins dotée d’un magnifique cadran en argent et d’aiguilles Breguet, malheureusement en mauvais état.

Dès son acquisition, mon objectif était de travailler sur une complication plus élevée qu’un chronometre. La répétition quart, puis minute, représentait pour moi un véritable défi technique. Toutefois, au début de mon apprentissage, ce projet était trop ambitieux. J’ai donc choisi de la mettre de côté, le temps de gagner en expérience.

Au début de ma troisième année d’apprentissage, à la recherche d’un nouveau défi, j’ai eu la chance de rencontrer l’illustre horloger Philippe Dufour. Ses mots simples mais puissants m’ont profondément marqué :
« Il faut se lancer, c’est en faisant qu’on apprend. »

De retour à l’École Technique de la Vallée de Joux, j’ai négocié avec mon professeur M Clunk afin de pouvoir consacrer deux périodes extrascolaires par jour à ce projet. Mon objectif était clair : comprendre en profondeur le fonctionnement d’une répétition quart et minutes.


Spécificités de la montre

Cette pièce présente plusieurs caractéristiques remarquables :

  • Répétition quart

  • Échappement à cylindre, avec plan de repos en demi-cylindre en rubis (corindon)

  • Déclenchement de la sonnerie par râteau, conçu pour un poussoir rectiligne

  • Remontage et mise à l’heure par clé

  • Présence d’une croix de Malte (système d’arrêtage Breguet)

  • Système de variation des goupilles de raquette selon la température (brevet Breguet)

  • Régulation de la sonnerie par pignon excentrique

Ces éléments confirment le haut niveau technique de cette montre pour son époque.


Travaux réalisés

Le travail a débuté par un démontage minutieux, sous la supervision de mon professeur, M. Glunk. Chaque étape a été documentée par des photos afin de conserver la position exacte de chaque composant. À cette époque, les normes de filetage et de vis n’étaient pas standardisées, ce qui rendait cette précaution indispensable.

Restauration des pièces en laiton :

Lubrification :

Un important travail de recherche et de documentation a été nécessaire pour appliquer les bonnes pratiques adaptées à un mécanisme ancien et à répétition.

Remontage :

Réalisé à l’aide des photos prises lors du démontage, avec patience et précision.


Conclusion

Après des semaines de travail, de réflexion et d’apprentissage, la montre est aujourd’hui à nouveau pleinement fonctionnelle.

Ce projet représente bien plus qu’une simple restauration : il symbolise un tournant dans mon parcours, une prise de confiance, et l’application concrète de la philosophie transmise par Philippe Dufour.

À ce jour, cette répétition quart reste sans aucun doute ma plus grande fierté horlogère.

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